Sur Le Sable. Michèle Lesbre.


" Oui, je regrettais ce départ dont le sens m'échappait soudain, cette rupture improvisée, comme si j'avais eu besoin d'un brin de drame, comme si, selon la formule affichée parfois dans les vitrines, tout devais disparaitre avant la fermeture définitive. J'avais donné rendez-vous dans ce café sans véritable intention. Je n'avais rien prémédité, vraiment. Il était entré en s'étonnant du lieu, nous ne l'avions jamais fréquenté et d'ailleurs il n'avait rien d'attirant. Je ne savais pas pourquoi je l'avais choisi, peut-être parce que j'avais décidé que désormais tout serait différent. Il s'était assis en face de moi et attendait ma réponse à sa remarque. J'ai dit, c'est mieux de se dire adieu ailleurs que sur nos terres. En même temps que je prononçais ces mots, je le vis se lever et sortir, sans se retourner, en fermant très doucement la porte. Je n'ai pas bougé, mais quand il eut disparu derrière les voitures, j'ai pleuré."


# Posted on Friday, 30 October 2009 at 4:51 PM

Beautiful people < 4

Beautiful people < 4

# Posted on Friday, 30 October 2009 at 4:40 PM

Tu es belle, lui disait-il. Je suis la belle du seigneur, souriait-elle.


Ô joies, toutes leurs joies, joie d'être seuls, joie aussi d'être avec d'autres, ô cette joie complice de se regarder devant les autres et de se savoir amants devant les autres qui ne savaient pas, joie de sortir ensemble, joie d'aller au cinéma et de se serrer la main dans l'obscurité, et de se regarder lorsque la lumière revenait, et puis ils retournaient chez elle pour s'aimer mieux, lui orgueilleux d'elle, et tous se retournaient quand ils passaient, et les vieux souffraient de tant d'amour et de beauté.

Ariane religieuse d'amour, Ariane et ses longues jambes chasseresses, Ariane et ses seins fastueux qu'elle lui donnait, aimait lui donner, et elle se perdait dans cette douceur par lui, Ariane qui lui téléphonait à trois heures du matin pour lui demander s'il l'aimait et lui dire qu'elle l'aimait, et ils ne se lassaient pas de ce prodige d'aimer, Ariane qui le raccompagnait chez lui, puis il la raccompagnait chez elle, puis elle le raccompagnait chez lui, et ils ne pouvaient pas se quitter, ne pouvaient pas, et le lit des amours les accueillait, beaux et chanceux, vaste lit où elle disait que personne avant lui et personne après lui, et elle pleurait de joie sous lui.

Albert Cohen

# Posted on Wednesday, 02 September 2009 at 4:28 PM

The mamas and the papas _ California dreamin

# Posted on Monday, 31 August 2009 at 8:00 AM

La celestina

La celestina





"Mujer, desnúdate y estáte quieta,
A ti te busca la saeta.
Y es el hombre, al fin, como sangría,
Que a veces da salud a veces mata...

Y es el hombre, al fin, como sangría,
Que a veces da salud a veces mata...

Con tu mirada de fiera ofendida,
Con tu vendaje donde herida no hay,
Con tus gemidos de madre sufrida,
Espantarás a tu última esperanza...
Haz de tu puño algo cariñoso,
Y haz de tu adiós un "ay mi amor",
Y de tu seña una sonrisita,
Y de tu fuga un "¡ya voy ya voy llegando!"



Lhasa de Sela

# Posted on Friday, 28 August 2009 at 8:50 AM